Tout commence à la gare, à New Delhi, en fin de matinée. Cédric et moi prenons le train pour moins de deux euros, et avons l'heureuse surprise de disposer chacun d'une large banquette. Le retour sera différent...
Les tentes, les bidonvilles et une espèce de campagne urbanisée défilent durant le trajet. Les petits bidonvilles qui longent la voie sont à moitié inondés, les habitants lavent leur linge dans des grosses mares d'eau stagnante. Des personnes parcourent des champs d'ordures à la recherche de je ne sais quel matériau. Je reviens plus bas sur la pauvreté. Nous arrivons à Agra trois heures plus tard. Direction la "guest house" recommandée par le guide Lonely Planet,
Nous décidons de consacrer notre après-midi à la visite du "Baby Taj". Après à peu près six vaines négociations avec les chauffeurs de "ricksaw" pour s'y rendre au prix le plus bas, nous abandonnons : en échange d'un aller-retour à un prix honnête, il nous faudra nous taper trois magasins. Les commerçants donnent en effet une commission aux chauffeurs qui déposent les pigeons comme nous dans leurs boutiques.
Sur le chemin, nous traversons une partie de la ville. Des rigoles épousant le contour des habitations font office d'égout à ciel ouvert. C'est sale, poussiérieux. Nous voyons nos premiers singes, des macaques qui, comme les chiens errants, les vaches et les hommes, galèrent chaque jour pour trouver à manger.
Je dois dire que, pour le moment je n'ai pas ressenti ce "choc" de la pauvreté qu'on associe à l'Inde. C'est bien sûr très pauvre, mais je n'ai pas vu d'armées de mendiant à Agra, qui est l'une des villes les plus touristiques d'Inde.
J'ajoute que, toute proportion gardée, après des années à voir quatre SDF dans chaque station de métro parisienne et des mendiants dans le RER, on retrouve à l'autre bout du monde les modes de survie que l'on observe en France. Forcement, ça surprend moins.
Nous visitons donc le Baby Taj, pas très impressionnant, mais bâtie dans un agréable jardin au bord de la Yamuna, l'une des rivières sacréesde l'Inde. Quasiment asséchée à cette période de l'année, on voit qu'elle est bien dégueulasse, et on préfère ne pas imaginer tout ce qu'il y a dedans.
Il fait toujours très chaud, on se fatigue vite. La visite est finie, il nous reste à nous taper les trois magasins. On visite chacun d'eux pendant une durée déterminée, en dessous de laquelle le chauffeur ne touche pas de commission. Il en touche une même si on n'achète pas, ce que nous faisons. Dans l'avant-dernier magasin, les vendeurs d'assiettes en marbre, livres du kama-sutra et autres babioles nous montrent la preuve de la qualité de leur commerce : un colis à destination de la France. Nous ne sommes pas dupes ! Même la Poste éthiopienne n'envoie pas des trucs comme ça. C'est une espèce de boite en carton entourée d'un papier sur lequel on peut lire le nom d'une française. On a presque envie de leur dire que leur faux colis n'arrivera jamais : la ville, c'est Aubervilliers, pas Aubevilliers.
Après un repas partagé avec trois jeunes français, nous nous couchons. Demain, lever à l'aube pour admirer le Taj Mahal.








