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J’entends depuis Delhi vos complaintes nocturnes, vos tourments quotidiens, cette interrogation à laquelle ma boite mail lourde de vos requêtes n’a plus la force de répondre : Fabien, quand écriras-tu un nouvel article sur tes folles aventures indiennes ?
Me voici donc, fidèles parmi les fidèles, noyau dur à la coque épaisse imperméable à toute écriture qui ne porterait pas ma signature enchanteresse : Julius Fabius Cesar vous salue !
Bon…en fait, j’avoue, j’ai enchainé les deux saisons de Rome en deux semaines, donc ça me monte un peu à la tête. Avec Cédric on s’appelle presque Lucius Vorenus et Titus Pullo.
Oui, oui…comme j’ai été longtemps absent, cet article sera plus long que les autres ne vous inquiétez pas, bande d’affamés que vous êtes.
Reprenons, disons, à il y a deux semaines. Imaginez-nous, marchant dans d’étroites ruelles luisantes d’urine, de bouses de vaches et de détritus huileux. Nous sommes à Varanasi, plus connue sous son ancien nom de Bénarès. C’est la ville où il est de bon ton de venir se faire incinérer à sa mort. Cela permet de mettre fin à l’interminable cycle des réincarnations et d’accéder directement au nirvana. En gros c’est pour les flémards. Les incinérations ne se déroulent que sur deux des nombreux ghats qui bordent le Gange. Les ghats sont des escaliers qui plongent dans le fleuve, pour permettre aux fidèles de pratiquer leurs ablutions. Selon les revenus des familles des défunts, l’incinération a lieu a un endroit bien particulier. Les plus riches ont droit à un beau bûcher, les plus pauvres à un bois de mauvaise qualité, dont la conséquence sera le lancement dans le Gange du cadavre à moitié brûlé seulement. Cedric et Noélie en ont d’ailleurs vu un.
Vous comprendrez que si le Gange est pur au sens religieux, c’est une saloperie immonde au sens écologique. Malgré cela, Cedric a tenu à y tremper son pied. « Et voilà ! Je suis normalement devenu le meilleur footballeur du monde ! », a-t-il dit en le retirant.
La ville compte cinq millions d’habitants, qu’on ne soupçonne pas dans les petites ruelles proches du fleuve.
Une ville où la religion et la spiritualité se ressentent comme peu d’autres endroits au monde, bien que les rabatteurs brisent assez l’enchantement.
Retour en train de nuit, au cours duquel Noélie se fera tripoter dans son sommeil par un indien qui, en plein jour, avait tout du gendre idéal. Il convient ici de préciser que les Indiens ont un problème avec le sexe et avec les Occidentales, qu’ils prennent grosso modo toutes pour des salopes. Si ces comportements peuvent certainement s’expliquer par la mondialisation ou je ne sais quels autres particularités sociales locales, il est évident pour moi que ce sont des comportements de connards.
En ce qui concerne le travail, tout va bien. Rue89 a repris un article de Cedric et un de moi, c’est proche de la gloire.
Nous avons aujourd’hui payé Daram. Je ne vous ai pas parlé de Daram. C’est un peu notre elfe de maison. Il est employé au bureau comme homme à tout faire, et complète son salaire par l’entretien de notre appartement. A chaque lessive qu’il fait, nous retrouvons donc le salon décoré de caleçons et autres vêtements qu’il fait sécher dans chaque endroit exploitable, faute de corde à linge. J’ai appelé ça le Festival du Caleçon.
Je ne peux pas vous quitter sans vous faire part d’une bonne nouvelle. Cedric a perdu au « jeu du bureau » et nous doit à toutes et à tous une boisson froide, comme on dit ici. En effet, il a fait grincer suffisamment de fois sa chaise (deux points) et dit assez fréquemment l’expression « taille de » (superlatif aixois) à son insu pour arriver à dix points, et donc perdre. Noélie ne doit pas dire le ridicule tic de language « j’ai envie de dire », Clara doit arrêter de dire « bye » au téléphone, Antoine doit se guérir de l’insupportable mais inévitable « c’est claire ». Quant à moi je dois arrêter de chantonner du rap, de la house et « Le Sud » de Nino Ferrer.
A très bientôt !
PS : Un billet de 10 roupies pour la personne qui comprend le titre
PS2 : Désolé pour le bug mais je sais pas comment faire à l’instant présent…
O_Centurião
sam 01 aoû 2009 00:06