Au début, j'avais la flemme d'écrire un nouvel article. Alors j'ai pensé pour me motiver que cela pourrait être intéressant d'écrire un article sur la difficulté à se motiver pour écrire un article. Finalement je me suis dit que, quitte à écrire un article, autant qu'il soit vraiment intéressant.
Voici donc le récit de notre dernier week-end :
Sortie de l'appartement vendredi en début de soirée, hélage de rickshaw, négociation à la Bronzés ("10.000 ? Non, 30.000. 20.000 ? Non, 30.000), arrivée à la gare, achat de chips, montée dans le train, départ, arrivée à 3 heures du mat à Janhsi, re-rickshaw destination Orchha, arrêt à un passage à niveau. Et là, alors que nous attentions devant la barrière que le train passe, j'ai regardé autour de moi et écouté. Pas un bruit, nuit noire, la campagne. L'Inde comme je ne l'avais encore jamais vu. Soudain je pense, "merde ! j'ai oublié ma Playstation !". Non. Je pense, "quel bonheur de sortir des villes indiennes, et quel malheur pour eux d'être aussi nombreux". Heureusement, la grippe A arrive (j'accepte d'enlever cette phrase à la première protestation).
Nous découvrons donc Orchha le lendemain. Une petite ville de quelques milliers d'habitants seulement, dont l'intérêt réside dans son palais et ses cénotaphes construits au 16ème siècle après Jean-Claude. Tous ces monuments sont à l'état d'abandon, pas restaurés, et même tagués de coeurs brisés et autres inscriptions destructrices. L'entrée est pourtant payante. Où va l'argent ?
J'ai débattu à ce sujet avec camarade Ledric, à qui j'ai expliqué tout le mal que je pensais du comportement des touristes indiens qui visitent leur patrimoine : tags, conversations bruyantes, intérêt minime, touche-à-tout... A Khajurhao, un groupe de jeunes est même monté sur les sculptures pour être pris en photo. Alors bien sûr le tourisme est un phénomène plus récent en Inde qu'en Europe. Mais quand même, faut pas déconner !
Plus généralement, le respect que vouent les Indiens à la religion,et l'irrespect qu'ils semblent vouer à tout le reste m'étonne.
Quoi qu'il en soit, cet abandon donne aux monuments l'air de maisons hantées mangées par la végétation, et l'on peut grimper dans les étages sombres en toute liberté dans une odeur de crottes de chauve-souris. Les Indiens semblent le faire également, puisque des cadavres de canettes de bières ou de bouteilles décorent le sol. Du haut des cénotaphes, on a une très belle vue sur la rivière voisine. Sur le seul ghat de la rive, une famille lave son linge sale en famille (hihi)
De près, la rivière est nettement moins sympathique. Des monceaux de déchets, des algues transgéniques et les poissons bizarres qui vont avec.
Le palace est lui aussi très beau. La vue sur la campagne est magnifique (voir photo), encore plus avec le chant d'un prêtre qui s'échappe d'un temple voisin.
Le centre de la ville est en grande partie composé de boutiques à touristes. C'est d'ailleurs à Orchha que nous avons pour la première fois vu des groupes de touristes, et même des cars de touristes.
Je vais me coucher la suite demain !








